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FREDERIQUE KRZIS-LORENT :
PORTRAIT DE L’ARTISTE EN PESEUSE DE PERLES
Ce qui compte ce n’est pas le modèle féminin mais la perte de repères qu’il provoque. Avec ses portraits de femmes
Frédérique Krzis-Lorent s’intéresse plus à un mouvement de déplacement et d’épure qu’à proprement parler de
figuration. Le lieu d’investigation de la peinture est donc celui de la femme mais dans une approche où le féminin est
pris comme par défaut par la peinture afin pour qu’il soit encore plus éthéré mais prégnant.
L’artiste du Nord sait maintenir son travail sur un fil ténu dans une dialectique entre le nu et le voilé. Elle trouve le
moyen de perturber toute tangibilité afin de créer une tension, une attention nouvelles. Par son œil, sa technique et
son idée de la femme, l’artiste enfante la couleur dans le diaphane et fait de chacune de ses oeuvres une épreuve
exemplaire de lumière.
Chaque toile fomente un point d’ouverture inédit. Dans les glissements de couleurs ce ne sont pas les fantasmes
conscients ou inconscients qui opèrent mais un engendrement de différents types de transparence et de cadrage.
Parfois Frédérique Krzis-Lorent ne retient que le visage, parfois à l’inverse elle ne garde du corps que le buste. Mais
toujours selon le jeu du voile et du dévoilement. S’y crée une mise en scène lascive faite d’abandon et de retenue.
Tout se saisit à travers le suggéré et le traitement particulier de la couleur et de ses volumes au sein d’une technique
picturale des plus solide. Elle est héritée autant des grands flamands que des peintres italiens.
A la recherche de l’harmonie Frédérique Krzis-Lorent décline des suites de secondes et de tierces afin d’embrasser du
regard une féminité qui plutôt que de se monter garde son mystère même lorsque le visage est à nu. Ce traitement
crée une distance certaine pour renvoyer le voyeur à la perplexité. Dans ses épures l’épiderme et ce qui le couvre (ou
le dévoile ) devient un corps-image. La « vraie » peinture peut donc commencer, parce qu’elle a quelque chose
d’intéressant à dire et à montrer. Non pas sur le motif mais dedans. Ce n’est plus la femme qui montre son intimité
c’est la peinture qui devient intime. D’où la fascination qu’elle suscite.
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